Jour 16 : Cap sur le Cap du Désir

Au matin, nous sommes à moins d’une journée de navigation du Cap du Désir, point le plus septentrional de la Nouvelle-Zemble. Le Professeur Molchanov doit s’y arrêter pour ravitailler la petite station qui s’y trouve et déposer les trois rangers encore à bord. Ces derniers sont en théorie partis pour passer trois mois sur l’ile, sans être certains cependant qu’un bateau viendra réellement les chercher à la fin du mois d’octobre. Si ce n’est pas le cas, il leur faudra attendre l’été 2018 et pourquoi pas l’édition n°2 de l’Uniarctic pour rejoindre Arkhangelsk.

Débarquement dans le passé

Nous arrivons en vue de l’ile vers 18h30. Les premiers aller-retours permettent de débarquer hommes, fusils et marchandises. Nous apprenons ensuite que les conditions sont jugées assez bonnes pour que nous puissions également aller à terre. La valse des bottes et des pantalons imperméables repart donc pour une dernière danse. Les groupes sont appelés un à un et les canots se succèdent. Le temps grisâtre et le vent laissent présager une traversée houleuse mais il n’en est rien. En moins d’une heure, le Cap du Désir voit sa population quintupler.

Sous la houlette de Kostia, le chef d’expédition, nous quittons le point de débarquement pour gagner les hauteurs de l’ile. Nous apprenons que la pointe de l’ile à longtemps servi de base militaire. De 1950 à 1993, des batteries de DCA (défense contre avions) et autres pièces d’artillerie surveillaient la jonction de la mer de Barents et de la mer de Kara.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, un engagement a eu lieu entre un croiseur allemand et les troupes stationnées là. A notre grande surprise, les batteries, bien que rouillées, sont encore visibles. La présence de ces vestiges d’acier permet d’imaginer à quoi a pu ressembler la vie des militaires assignés ici.

 

Nouveaux occupants

Nous prolongeons la visite en allant observer une colonie de mouettes qui occupe les parois des falaises à l’extrémité de l’ile. Le ballet incessant d’une centaine d’oiseaux qui tournoient, virevoltant et se croisant le long des parois rocheuses est hypnotisant. C’est sans compter l’odeur du guano, qui colore de blanc les rochers en contrebas. Le parfum nous prend rapidement à la gorge, nous contraignant à battre en retraite.

Le reste de l’heure est passée en petits groupes à explorer les rochers à flancs de falaises et profiter de la tranquillité du lieu. L’eau nous entoure, avec à gauche la mer ouverte sur un horizon infini et à droite la baie où le Molchanov est mouillé. L’ensemble baigne dans une lumière grise, dans laquelle ciel, terre et mer semblent ne former plus qu’un.

Le retour au bateau se fait assez rapidement. Nous ne sommes pas fâchés de nous mettre à l’abri du vent qui cingle cette terre désertée. Après le repas différé à 22h, nous nous rendons à la bania qui fini de nous mettre K-O. Assommés par l’excursion puis la chaleur, le sommeil n’aura aucune peine à nous gagner ce soir là. A partir de demain, 4 jours de mer nous attendent, direction la Mer Blanche puis Arkhangelsk. Un parfum de fin d’aventure flotte déjà sur le bateau.

Ainsi prend fin la seizième journée. Journée suivante.

 

Une pensée sur “Jour 16 : Cap sur le Cap du Désir”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *