Jour 11 : Comme une chanson po(pu)laire

La journée du lundi 17 a commencé très tôt. Pour être absolument honnête, c’est la soirée de dimanche qui a fini tard dans la nuit. A tel point que les deux jours ont fini par se confondre. Dans ces limbes temporelles que représentent les heures entre 2h et 4h du matin, au beau milieu d’une nuit polaire baignée de soleil, nous avons livré notre plus rude bataille à ce jour à bord du Professeur Molchanov. Face à une troupe de russe prêt à en découdre, nous somme partis à la bataille. Ou plutôt à la battle. Chacun retranché dans son camp respectif, nous nous sommes affrontés sur le terrain ô combien glissant de la chanson populaire.

Premières offensives

A l’aide de l’arme redoutable que représente une guitare mal accordée, les soldats venus du froid ont lancé le premier assaut. Sans doute conscients de l’avantage de se battre en terrain connu et sous l’influence de leur chef, une femme à la voix puissante, ils se sont lancés dans la bataille. A grand coup d’accords tonitruants et de mélodies mal assurées, emmenés par un enthousiasme débordant, ils ont tenté de s’ouvrir une brèche dans l’avant-garde suisse.
Devant la résistance des étrangers, les russes ont utilisé toutes les armes à leur disposition : chants populaires, pop-anglaise, rock & roll américain, tout y est passé. La victoire semblait proche.

À armes égales

Mais c’était sans compter sur les ressources du bailli suisse, qui même dans les heures les plus sombres a réussi à sauver ses troupes, usant parfois de la ruse voir de la tricherie pure et simple, allant jusqu’à commettre l’irréparable et changer les paroles de certaines chansons.
Mais c’est lorsque l’hymne nationale helvétique a retenti au-delà du 75ème parallèle que les russes ont compris que les troupes adverses venaient avec de sérieuses velléités de conquête.

L’affrontement a duré jusqu’au petit matin et à mesure que les rangs s’éclaircissaient, les offensives se faisaient moins violentes. Les deux adversaires avaient pris la mesure de leurs forces respectives et la balance ne semblait pas pouvoir pencher de manière décisive d’un côté ou de l’autre. Et ce malgré la potion magique qui circulait dans les deux camps.

C’est au moment de déposer les armes et d’aller se coucher que nous réalisions que notre environnement avait changé. Le bateau, auparavant entouré de glace et de reliefs, était désormais prit dans un brouillard dense.

Au réveil rien n’avait changé. Le brouillard encerclait toujours le bateau et nous nous préparions à passer une journée à l’intérieur. Avec cette visibilité quasi-nulle il n’y aurait pas de débarquement aujourd’hui. Après la journée de hier, nous étions tous impatient de retourner à terre. Difficile désormais de se contenter de la lente progression du bateau.

Tout le monde en profita pour rattraper le retard dans le travail qui n’avait pas pu être effectué à terre. Les scientifiques titrèrent leurs échantillons, l’historien se plongea dans ses manuels et nous profitâmes de la disponibilité de chacun pour réaliser une série d’interviews.

C’est en espérant une journée de demain moins monotone que nous allions nous coucher.

Ainsi prend fin la onzième journée. Journée suivante. 

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