Et la banquise alors?

Malgré ce que l’on pourrait croire, Arctique ne signifie pas seulement banquise, ours polaires et températures glaciales toute l’année. Ici, au cœur du delta de la Lena, nous découvrons l’Arctique sous une toute autre forme car nous nous situons dans ses plus basses latitudes. Pas de glace ni d’ours polaire à l’horizon pour nous. Les conditions climatiques sont ici très variables tout au long de l’année.

Actuellement en été, le soleil ne se couche pas et reste au-dessus de l’horizon toute la journée, pour le plus grand plaisir de la toundra, dépourvue de son manteau d’hiver de glace et de neige. Le sol est recouvert d’une épaisse couche de mousses et de lichens d’environ 10 cm, dans laquelle nos pieds s’enfoncent et nous donnant souvent la sensation de marcher sur un matelas géant. Souvent gorgée d’eau, celle-ci ne nous permet malheureusement pas de nous y allonger.

 

Les pieds dans la mousse

Même si nous sommes en été, les journées sont complètement différentes d’un jour à l’autre. Nous pouvons passer d’une journée ensoleillée et chaude à une autre sous la pluie, le vent et le froid. Le climat reste tout de même trop froid pour laisser pousser les arbres. Toutefois, depuis ces quelques dernières années, deux arbres sont en train de pousser sur l’île Samoylov, revêtant un caractère exceptionnel. Néanmoins, au vu des conditions, ils n’atteindront pas une taille très grande. Cela n’empêche cependant pas les fleurs de recouvrir la toundra de toutes les couleurs.

 

Les arbustes façon toundra

Laura en admiration devant l'un des plus grands arbres de Samoylov

Iles de mousse dans les polygones de glace fondue

Fleurs bleues

Champignon

Les températures d’été pouvant aller jusqu’aux 25 degrés permettent également aux animaux de sortir le bout de leur nez. Si l’on regarde attentivement sous nos pieds, on peut apercevoir des troupes de lemmings gambadant à travers cette végétation miniature. Les oiseaux profitent de leur côté des conditions venteuses et nous offrent le spectacle de se laisser flotter dans les airs sans le moindre battement d’ailes. Les moustiques sont, quant à eux, au rendez-vous dès que le vent s’en est allé et que la barre des 5 degrés est dépassée.

 

Un lemming en fuite

Oiseau au coeur de la toundra

Passion moustiques

A partir du 7 août, les journées raccourciront pour laisser peu à peu place aux nuits polaires, c’est-à-dire aux journées où le soleil ne lève pas. Toute cette vie éphémère estivale s’endormira alors bientôt, dès la chute des températures et les premières tombées de neige de septembre qui transformeront alors tout le delta de la Lena en une unique masse de glace et de neige. Et le cycle recommencera lorsqu’au printemps, toute la glace et la neige fondront et que les rivières se regorgeront de toute cette eau. Celles-ci sont d’ailleurs à la source du phénomène d’érosion des côtes de l’île de Samoylov, exposant le permafrost et notamment les coins de glace (cf post du 6 août) à l’air ambient. Cela facilite leur fonte et déstabilise les polygones de la toundra, s’effondrant peu à peu dans l’eau. L’ancienne station se situant à environ 10 mètres de la côte, elle est directement exposée à ces effondrements et devrait se voir disparaître dans les prochaines années.

L'effondrement de la côte de Samoylov

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