Jour 12 : L’étonnante Heiss island

Cher lecteur, je te fais ici l’économie des leçons que nous avons eues ce matin là. A moins que l’ornithologie de l’arctique ou la formation géologiques d’iles volcaniques ne te passionnent, disons que leur retranscription risque d’être quelque peu assommante. Commençons par le repas de midi, durant lequel j’ai eu la bonne surprise d’apprendre que j’étais de corvée patate. A ma grande honte, j’allais pour la première fois de ma vie éplucher des patates.

A 13h, je me présente au cuisinier. Me voilà donc au fond de la cuisine, assis face à un géologue russe peu bavard. Devant moi, un sac plein de pommes de terre et un grand seau d’eau froide. Autant dire que mes prouesses d’éplucheur à la main ne les impressionnèrent guère. J’eu même le droit à un cours particulier, tant le spectacle devait leur paraitre pathétique.

Non content de m’offrir une petite humiliation, cet épluchage me fit rater le brise-glace 50 years of victory. Les photos qu’on me montra plus tard me firent regretter de n’avoir pas croisé ce monstre rouge et noir, assez large pour accueillir un hélicoptère.

Dans l’après-midi, nous apprenons que nous allons pouvoir débarquer sur l’ile de Heiss. Contrairement à plusieurs iles sur lesquelles nous avons eu la chance de poser le pied, celle-ci n’est absolument pas habitée.

Le débarquement se fait toujours dans le même ordre : sécurité, géologues puis les groupes qui viennent en observation. L’approche se fait en slalomant entre les blocs de glace qui dérivent en nombre dans les environs. Le zodiac accoste sur la banquise qui entoure la berge. Nous prenons pied à même la glace et sommes accueillis par un garde armé qui nous enjoint de gravir une pente courte mais assez inclinée pour que nous arrivions en haut essoufflés.

L’effort a suffi à nous réchauffer et nous enlevons vestes, bonnets et gants. Le vent ne souffle pas et nous pouvons nous promener en polaire. La visite ne durera pas plus de 35 minutes. A peine le temps pour nous de grimper la pente douce d’un glacier d’où l’eau ruissèle sur une bonne partie de la plaine désertique qui nous entoure. Nous nous enfonçons par endroit jusqu’au genou dans l’eau glacée mais nos bottes et pantalons étanches jouent leurs rôles.

Mystère et boule de pierre

Le retour au zodiac se passe avec les yeux rivés au sol, à la recherche des mystérieuses sphérolites dont notre garde nous a montré un exemplaire. Ces petites pierres, complètement rondes et presque lisses, nous intrigue au plus haut point. A notre grande déception, impossible de mettre la main sur une de ses jolies sphères. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque quelques heures plus tard, un membre de l’expédition nous déclarât, photos à l’appui, en avoir trouvé assez pour faire une pétanque ! Pire encore, ne voyant pas l’intérêt de les ramener, il les avait abandonnées avant de retourner au bateau !

Nous apprîmes par la suite qu’il était interdit de repartir avec ces sphéroïdes, véritable patrimoine du Parc National de l’Arctique Russe. C’est donc un peu frustrés mais finalement sans avoir enfreint la loi que nous quittons la baie.

Ainsi prend fin la douzième journée. Journée suivante.

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