Jeudi 15 août

Par Estelle.
[English version below]

En piste !

Les appréhensions mutuelles s’estompent enfin. A l’initiative d’Andreï Soromatin, les différents groupes de travail se retrouvent sur un site nouveau, appelé « L’Aérodrome ». Ce mot mystérieux est sur toutes les lèvres. Un « Aérodrome », ici, en pleine toundra ? Pour y parvenir, il faut franchir la voie ferrée, arpenter la plaine marécageuse, où chaque pas s’enfonce dans un épais tapis de mousse meuble. Il faut ensuite traverser la rivière, franchir le pont de fortune fabriqué par Andreï : quatre maigres troncs d’arbres jetés d’une rive à l’autre, au passage le plus étroite du cours d’eau. A quelques centaines de mètres de là, rien n’indique un « Aérodrome », si ce n’est la carcasse d’un avion qui s’est crashé dans les années 1950. Un « Antonov 2 », à la carlingue légère, habillée de toile. Que transportait-il ? Des vivres? Certainement pas du matériel de construction, trop lourd à transporter par avion. Aux alentours, pas la moindre trace de bâtiment, ni le moindre hangar. Pas de bitume. Mais un immense rectangle de végétation, particulièrement fourni, qui se détache au milieu d’une plaine rase.

Il s’agit d’un lieu qu’Andreï Soromatin a lui-même découvert : l’emplacement d’une ancienne piste aérienne, qui a probablement servi au ravitaillement du camp, entre 1950 et 1952. Le site est très intéressant, car il soulève un nouveau paradoxe : sur la piste elle-même, où se posaient les avions, la végétation a curieusement repris ces droits, se développant mieux qu’ailleurs, dans la partie « naturelle » du site. Son hypothèse de travail s’avère très insolite : contrairement à ce que l’on pourrait penser, la nature se développe mieux là où il y eu une activité humaine, et non pas dans la partie restée « sauvage » du site.

L’hypothèse d’Andreï passionne soudain les trois groupes de travail, qui s’aperçoivent avec enthousiasme de la complémentarité de leurs spécificités scientifiques.
Ce rendez-vous inattendu se transforme en un moment joyeux et festif. Ou comment l’interdisciplinarité scientifique créé du lien !

Vincent Simonin

Micaël Tille

Jérôme André

The mutual apprehensions are finally fading away. Andreï Soromatin leads everyone to a new site, all groups reunite to the “Aerodrome”. This mysterious word makes everybody wonder. An “Aerodrome” here? In the middle of the tundra? To get to it, we have to cross the railroad, walk through a marshy plain, where every step dives a little deeper in the dense [mousse]. Then, it is time to cross the river walking on the improvised bridge built by Andreï. We find four lean trunks thrown from one side of the river to the other. A hundred meters further, nothing indicates that there ever was an “Aerodrome” except the carcass of a plane that crashed in the 1950s. It is an “Antonov 2”, a light model covered with fabric. What was it transporting? Food? Certainly not construction materials, too heavy to be brought on a plane. All around, there are no traces of any building. No sigh of a road. But an immense rectangle of vegetation, particularly dense, that stands out in the middle of an empty plain.

This place was discovered by Andreï himself : an old aerodrome which was probably used to bring food to the camp, between 1950 and 1952. The site is very interesting as it brings out a paradox. Indeed, the landing stripe itself, the vegetation has strangely taken its rights back. It has even become more developed than in its surroundings, the “natural” part of the site. Andreï’s hypothesis turns out to be quite curious. Contrary to what one would think, nature can develop more easily where there is human activity, and not in the places where it remained “wild”.

This hypothesis suddenly makes all work groups passionate about solving this mystery. Everyone is slowly but happily realising how complementary their scientific specificities are.
This unexpected meeting turns into a festive moment. Or how interdisciplinary sciences create bonds!

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