Jour 10 : Entrée en mer de Kara

Par Loïc.

Réveil à 7h30 pour les plus courageux. La nuit a été difficile pour ceux qui se sont fait bercer un peu trop fort. En mettant le cap vers le Nord en début de nuit précédente, le bateau avançait face aux vagues, se faisant secouer.
C’est l’heure du p’tit déj. Autour de la table, c’est la pêche aux infos, mais personne ne semble bien informé sur l’endroit où nous nous trouvons. Certains tentent de démarrer une application de localisation. Le téléphone est localisé mais Google Maps a perdu la carte après plus d’une semaine sans connexion.
De temps à autre, entre deux zones de brouillard, nous pouvons voir la côte. Au vu de celle-ci, nous semblons être à l’extrêmité Nord de la Novaya Zemlya (le nom russe de la Nouvelle-Zemble). Le vent est à décorner les bœufs. Chance incroyable, entre deux zones de brouillard apparait le cap du Désir, la pointe Nord de la Novaya Zemlya. C’est le cap Horn de la région, à 77°N. Nous nous situons à peine à 2000km du pôle Nord. Peu d’entre nous auraient imaginé se retrouver là un jour.

A peine l’extrême Nord de l’île passé, il fait super beau, un grand soleil vient nous réchauffer de tous ses rayons. Le vent ratisse toujours autant la mer blanche d’écume. Le bateau prend le vent et les vagues de derrière, il surfe, et file à une vitesse de 13 nœuds (24km/h). C’est génial !
Il est 13h, deux d’entre nous sont appelés pour la corvée de patates. Pas de chance, à ce moment-là le bateau change de direction et se retrouve face aux vagues. La cuisine est située à l’avant du bateau. Nos deux mousses font des montagnes russes en épluchant les pommes de terre, dans une pièce sans fenêtre. L’un d’entre eux ne sera pas épargné par le mal de mer.

Nous commençons la descente en mer de Kara, où nous croisons nos premiers Icebergs. Des masses mêlées de blanc et de bleu qui flottent ci et là, plus ou moins grosses. En début de soirée, notre avancée en mer de Kara est vite stoppée par d’immenses nappes de glaçons. Plein d’icebergs qui donnent l’impression que la surface de la mer est recouverte de banquise toute cassée. C’est magnifique ! D’autant plus que, paradoxalement à ce matin où nous vivions presque la tempête, l’océan est redevenu mer d’huile. Nous sommes protégés du vent d’Ouest par la Nouvelle-Zemble. Le bateau réduit son allure et nous longeons des zones où la surface est recouverte de glace. C’est assez impressionnant d’entendre le bruit de la collision entre les blocs de glace et l’avant du bateau. Tout le monde est sur le pont, hypnotisé par la magie du paysage.
Le soir, c’est comme une soirée de vacances, tout le monde est dans le bar pour regarder Forest Gump. Nous apprenons à la fin du film (22h) que le prochain transect est censé commencer à 3h du matin. Nous allons alors profiter de quelques heures pour dormir.

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