Jour 11 : Somewhere Over the Arctic

Par Gauvain.

Nous sommes en mer de Kara ! Enfin à l’endroit où nous voulons tant faire nos mesures. En effet, le Nord de la mer de Kara est l’endroit le plus intéressant de la région d’un point de vue océanographique, car c’est là que le courant chaud venant de l’Atlantique vient se heurter aux courants froids venant de l’Est.
Nous faisons un arrêt à terre, sur la Baie de la Prospérité. Nous prenons nos maillots de bain, ayant pris goût aux baignades glacées mais vivifiantes. J’emmène aussi un ukulélé car je rêve de jouer les 3 accords de « Somewhere Over the Rainbow » les pieds dans la glace. Après avoir traversé une plaine plate, sûrement polie par les vents qu’on devine terribles durant certaines périodes, nous trouvons l’endroit idéal pour nous baigner.

Nina lance le bal en plongeant courageusement dans l’eau sous les applaudissements du groupe. Marco, Loïc, Cyriaque, Tara et moi (Gauvain) suivons avec plus ou moins d’assurance. Loïc, le fou, nage même la tête sous l’eau. Je réalise mon rêve de jouer du ukulélé sur la glace au détriment de mes doigts de pieds qui se plaignent très vite.

Après notre passage à terre, une réunion improvisée a lieu dans la chambre de Charmilie et Nina. Nous sommes une douzaine de personnes, entassées dans une petite cabine deux places. Chips, cornichons et chocolat circulent entre les convives, qui plaisantent joyeusement. Après un moment, Anna, la chercheuse russe avec laquelle nous travaillons, m’apprend qu’un transect de 9 stations (une par heure) commence deux heures plus tard, soit à 20h. Surpris par la nouvelle et épuisé, j’éclate de rire.

Après le repas, nous nous lançons dans le transect qui doit nous tenir éveillés toute la nuit. Marco, Nicolas et moi respectons pour la première fois le principe des shifts, en divisant les heures de travail et de sommeil plutôt que de faire toute la nuit ensemble, fatigue oblige. Le paysage est magnifique entre soleil rasant (presque couché) et plaques de glaces autour du bateau. Elles forcent parfois le capitaine à entreprendre des détours, pour les éviter.

Nous en sommes à notre cinquième station, il est deux ou trois heures du matin. La nouvelle tombe : il y a trop de glace, impossible de continuer. Le matériel est rangé et tout le monde est envoyé au lit. Nous sommes partagés entre le soulagement de pouvoir enfin aller dormir – nous avons enchaîné deux journées presque sans sommeil – et la déception de ne pas pouvoir finir notre transect. Ce n’est pas tous les jours que nous pouvons prendre des mesures dans la mer de Kara.

Un commentaire pour “Jour 11 : Somewhere Over the Arctic

  1. Bravo ! Je supprime tous les robinets d’eau chaude de la maison en vue de ton retour, Gauvain. Ce sera ça de gagné pour la planète !😛

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