Jour 12 : Geology wonderland

Par Marco.

Troisième arrêt prévu pour le Molchanov, cette fois-ci dans la Baie de Barents. Le débarquement se met en route avec, comme d’habitude, de longs moments d’attente. Les groupes sont formés, biologie, géologie, et tout le reste qui visite le lieu d’hivernage de l’explorateur hollandais Willem Barents. Je (Marco) me retrouve dans le groupe des géologues, dans mon ambiance préférée : travail fait tranquillement, avec des grands coups de marteau et des mesures qui ne sont pas de précision millimétrique. Nikolay, le chef d’équipe, est un franco-russe qui prend goût à nous enseigner les bases du travail géologique de terrain. On écoute et on regarde. J’aime pouvoir vivre ce que ma sœur et mon père ont fait pendant toutes leurs années d’études. Je relie ce que je vois avec ce dont je me souviens de leurs récits. On prend goût à vouloir montrer notre supériorité intellectuelle face à un rocher qui semble intéressant pour les études, mais qui ne veut pas se détacher de sa paroi mère. Nicolay commence à taper un peu à droite, un peu à gauche, sans beaucoup de succès. Finalement, il me regarde et me demande si je veux essayer. Evidemment, je prends les deux marteaux en main, prêt à réduire en mille morceaux la paroi entière. Me voyant en difficulté après quelques instants, Nicolay décide de m’aider, en me disant de garder un des deux marteaux en place tel un scalpel pendant qu’il frappe. Du bon travail d’équipe ! Il suffit de deux coups pour qu’il atteigne mon pouce au lieu du marteau. Je décide de finir tout seul, et réussis enfin, après encore quelques coups, précis au millimètre, à extraire la roche qui a osé défier les Sapiens. On la casse en plus petits morceaux pour découvrir qu’elle n’a finalement aucun intérêt. On se remplit le sac de pierres pour la science et on part vers le prochain point d’étude, choisi avec grande attention toujours.

La journée reste tout de même un succès. Avec Anouk, on a pu découvrir les joies et les peines du travail de champ du géologue. Anouk a même pu jouer un peu avec son drone pendant que je faisais l’explorateur, comme on était exceptionnellement sans ranger officiel. On en a profité pour se refaire les yeux devant une Nouvelle-Zemble magnifique, vaste, déserte, illuminée par un soleil partiellement caché par de grands Alto Cumulus plus ou moins opaques. On finit par rejoindre les autres de l’équipe plastique, en plein nettoyage des plages. Les galets sur la côte de la baie sont façonnés exprès pour les faire rebondir sur l’eau, ce qu’on fait en attendant le zodiac pour rentrer.
Malgré la longue journée, l’équipe veut de l’animation. On finit par lancer un limbo parfaitement en thème avec le cadre arctique. Les Russes sont moins partants, les Suisses se déchainent. Arrivés à des hauteurs inattendues, restent seulement Loïc et Charmilie, l’élite de l’équipe suisse de limbo. La tension est à un niveau jamais atteint depuis notre départ. Charmilie craque, malgré sa souplesse impressionnante. Mais la soirée n’est pas finie. On décide alors de lancer un karaoké. Des chansons anglaises, françaises et russes résonnent. Le public finit par diminuer lentement. Après l’inévitable Lacs du Connemara, restent les amants de la vraie musique qui continuent à chanter à pleine voix. Jusqu’à ce que la fatigue fasse craquer même les meilleurs. Enfin, le bateau redevient silencieux.

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