Jour 13 : Hospitalité arctique au Cap du Désir

Par Elodie.

Au petit matin, le bateau est à l’arrêt et les zodiacs enchainent des aller-retours, chargés de valises et de nourriture. Jusqu’où ? Difficile à dire, car le brouillard s’est levé. Les vagues aussi. D’ailleurs, une fois le déchargement terminé et les rangers à terre, le bateau repart pour un tour, et un début de transect est annoncé (deux stations en mer de Kara) pour la matinée.

En début d’après-midi, nous sommes de retour au même endroit. Il faut être rapide pour apercevoir un hameau sur la côte (notre point de débarquement), car le brouillard ne tarde pas à refermer la fenêtre. Pourtant, cette fois est la bonne et les zodiacs disparaissent l’un après l’autre dans cette purée de pois pour nous déposer sur la côte du Cap du Désir, à l’extrême Nord-Est de la Nouvelle-Zemble.

A mesure que le zodiac se rapproche de la plage, des bâtiments à l’allure délabrée se dessinent de manière fantomatique. Pour ajouter à l’ambiance du lieu, nous assistons ensuite à la dérive de l’un des zodiacs, qui a trompé la vigilance de l’équipage. Sans connaître l’issue de cette échappée, nous partons pour une petite marche. L’extrémité de l’île est formée de falaises abruptes servant d’abris aux oiseaux arctiques. Généreux, ils nous offrent des ballets aériens avec accompagnement musical. Mais le froid et l’humidité ont raison de nous, et l’invitation des rangers à visiter leur station l’emporte sur la beauté du lieu. Nous nous dirigeons donc vers le seul bâtiment encore en (très) bon état, pour un goûter. A l’approche de celui-ci, les barreaux arrimés aux fenêtres et des empreintes d’ours polaires au sol nous rappellent qui est le maître de l’île. Toutefois, à l’intérieur, la chaleur de la cuisine nous envoûte et l’atmosphère nous rappelle le chalet de grand-mère. Igor a un sens chaleureux de l’accueil et nous montre les choses qui lui tiennent à cœur dans cette pièce. Parmi elles, l’esprit de la maison, surplombant l’entrée et protégeant les habitants, ainsi qu’un livre d’or. Tous les visiteurs de ce lieu l’ont rempli, nous n’échapperons pas à la tradition !
Au moment de rejoindre le bateau, l’heure est aux premiers adieux. Sergueï le botaniste ainsi qu’Igor et Vadim, deux des rangers qui nous ont accompagnés jusque là, vont en effet vivre dans cette station jusqu’à la fin de la saison, et rentreront à la fin août, sur un bateau de tourisme allemand. Avec eux, Ivan, un troisième ranger, ainsi qu’Andrei l’entomologiste en profitent pour passer quelques jours à terre, afin de compléter au mieux leur échantillonnage. Nous les récupérerons au retour de notre prochain transect.

La soirée se déroule dans le calme : alors que certaines profitent de la bania, d’autres préparent un transect nocturne – s’il est possible de parler de nocturne quand on sait que le soleil a réussi à transpercer le brouillard vers deux heures du matin pour éblouir les irréductibles joueurs de cartes.

2 commentaires pour “Jour 13 : Hospitalité arctique au Cap du Désir

  1. Coucou Tata Marraine, on lit enfin un de tes récits depuis notre Grande Villa de Vacances. Vous semblez vivre de Belles Aventures ! On te fait pleins de gros Bisous, on pense fort à toi et tu nous manques beaucoup ! Vivement ton retour !

  2. Quel plaisir de lire les récits de votre aventure arctique et de savoir que vous allez tous bien. Vous vivez là une expérience que je vous envie. Félicitations à tous et bonne chance pour la suite!

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