Jour 17 : Chant révolutionnaire face au soleil rougeoyant

Par Melissa.

Les emplois du temps affichés à la sortie de la salle de déjeuner affichent depuis maintenant deux jours la possibilité d’un débarquement imminent, mais toujours fantôme. L’envie d’aller se dégourdir les jambes sur la terre ferme se fait de plus en plus sentir. Nous apprenons lors du petit-déjeuner que l’on pourrait débarquer sur l’île de Vaïgatch le soir même, dans un village nénètse (un peuple autochtone de cette région). Néanmoins, le vent poussant la glace en direction de la baie, cette escale n’est pas certaine. Le Capitaine craint que nous restions coincés par les morceaux de banquise.

L’équipe communication, formée par Anouk et Lucie, profite du beau temps pour filmer des interviews sur le pont arrière du bateau. C’est à mon tour de présenter mon projet, et après quelques bafouillages, les définitions des différents types de brouillards sont enfin correctement enregistrées. Anouk tourne alors sa caméra sur le vol des mouettes qui suivent notre navire, profitant des perturbations d’air créées par notre avancée pour se laisser mollement planer sans trop d’effort.

Nous apercevons également à l’horizon le profil d’autres navires, dont un tractant une plate-forme pétrolière en cours d’installation, signe de notre retour prochain à la civilisation. En effet, ces derniers jours, le Professeur Molchanov a vogué à pleine vapeur en longeant la Nouvelle-Zemble. Nous sommes au Sud de l’archipel, et passons le détroit de Vaïgatch aujourd’hui. Il ne reste donc plus qu’une semaine, jour pour jour, avant de débarquer à notre port d’attache, Arkhangelsk, jeudi prochain.

Sur le coup des 18h, les plus studieux d’entre nous sont prêts pour le cours de russe donné par Eric Hoesli. Je ne serai pas de ceux-là aujourd’hui car au même moment, Anouk entre dans la salle commune pour m’informer que du brouillard vient d’apparaître. Surprise, car je reviens tout juste de mon dernier relevé où le temps était clair, je regarde à l’extérieur, et découvre un magnifique cas de brouillard d’advection ! C’est la première fois depuis le début de l’expédition que ce type de brouillard se forme. Je cours donc à l’extérieur faire mes mesures avant qu’il ne se dissipe. Notre bateau navigue ainsi sur une nappe de brouillard d’environ 15 mètres d’épaisseur sous un soleil radieux.

Le soir, un petit groupe se forme sur le 7ème deck pour discuter en contemplant le coucher de soleil qui est de retour, depuis que nous sommes au Sud de l’océan Arctique. Quelques minutes plus tard, c’est une chorale à deux voix qui entonne les couplets de la Makhnovchina (un chant anarchiste ukrainien). Malgré le fait que nous ne soyons pas de véritables révolutionnaires anarchistes, il faut bien reconnaître que ce chant est particulièrement entraînant, et comment mieux terminer cette journée que dans ce bel élan, illustrant les liens d’amitié s’étant développés pendant cette expérience hors du commun !

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