Jour 2 : Des oiseaux et des moines

Par Anouk.

Nuit étonnamment bonne malgré le mal de mer. Le bateau est à l’arrêt, ce qui réjouit les estomacs sensibles. Devant nous, la silhouette d’un des monastères des îles Solovki se dessine. A 10h, nous sommes tous convoqués au bar, et le Capitaine nous aboie des instructions d’un air peu commode. Au programme de la journée : notre premier débarquement en zodiac, visite du monastère et temps libre à terre.

Armés de nos gilets de sauvetage, nous nous entassons dans le canot sous le regard du Capitaine, qui finit par enfiler un bonnet UniArctic (un des 65 que nous avons offerts à toutes les personnes présentes sur le bateau), et même rire sous nos applaudissements. On se demande combien de temps il nous faudra pour l’amadouer.

Au premier pas sur l’île, le sol tangue. Le mal de terre fait déjà son effet, après un jour de mer seulement. Alors que certains profitent du restau du coin pour faire le plein de légumes, d’autres trouvent des vélos à louer et pédalent jusqu’à une petite plage pour tester l’eau glaciale… sans maillot évidemment. Une fois le ventre plein, nous retrouvons une guide parfaitement francophone. Elle nous demande de cacher nos bras et de couvrir nos têtes d’un foulard, alors que le vent soulève sa jupe fendue jusqu’à mi-cuisse. A l’intérieur, le blanc des murs du réfectoire contraste avec les parois dorées des églises. Lieu iconique de l’orthodoxie, le monastère a été transformé en prison, puis en camp de travail au temps de l’URSS, ensuite en école militaire. Il a à présent repris ses fonctions initiales, et est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité (UNESCO).

De retour au bateau, nous apprenons que le lendemain après-midi commenceront les mesures, sur une durée de 22h ! Les groupes règlent leurs derniers détails techniques, non sans encombre. Un programme qui manque par ci, un thermomètre qui casse par là… Sur le pont supérieur, Loïc et Yann testent leurs bassines dans la lumière du soleil couchant. En regardant à l’horizon, quelqu’un crie : « Des dauphins ! Ah non, des baleines. A moins que ce ne soit des orques… ? » Une fois que tout le monde s’est précipité pour les voir, l’excitation tombe d’un coup : il s’agit en fait d’une petite colonie d’oiseaux se prélassant sur la mer. De quoi réjouir l’équipe ornithologique, mais pas les curieux sur le pont, qui vont se coucher en même temps que le soleil. En espérant dormir plus longtemps que cet astre, qui réapparaitra une heure plus tard de l’autre côté de l’horizon.

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