Premiers relevés

Jour 3 : Premiers relevés scientifiques, en conditions réelles.

C’est le premier jour où nous prenons réellement le rythme du bateau. Le réveil est mis pour 7h45 puisque le petit déjeuner est servi de 7h30 à 8h30. Le bateau est rentré en mer Blanche et lorsque nous montons sur le pont, nous pouvons encore apercevoir la côte sur notre droite. La matinée est l’occasion de prendre ses marques et de s’adapter à la vie sur le bateau. Ce sera également la journée des premiers relevés scientifiques en pleine mer.

A 15h, nous effectuons la première station pour réaliser des relevés hydrologiques. L’équipage et les techniciens s’affairent sur le pont arrière pour mettre en route le filin qui fera plonger les différents équipements utilisés par les scientifiques. Des séries d’ordres sont criées en russe dans ce qui nous semble être la confusion générale.

Rapidement, les premiers tests sont terminés et l’on peut passer aux véritables relevés. Les deux instruments principaux sont la rosette et le filet. La rosette est une structure en métal sur laquelle est fixée une douzaine de bouteilles en plastique dur. Equipées d’un système de fermeture automatique, elles permettent de ramener des échantillons de différentes profondeurs afin d’effectuer des tests variés : salinité, présence ou absence de métaux lourds, alcalinité … Le filet sert quant à lui à ramener du phyto et du zooplancton. A notre grande surprise, le zooplancton est visible à l’œil nu (ce qui n’est pas le cas du phytoplancton).

Pour l’équipe de l’EPFL qui travaille sur les différents types de planctons, c’est l’heure de la première déconvenue : contrairement à ce qui a été annoncé, il n’y a pas de microscope à bord. Cela signifie qu’ils ne pourront faire aucune analyse durant les 3 semaines en mer. Ils devront donc se contenter de ramener leurs échantillons à Lausanne afin de pouvoir les analyser. Le travail à bord est soudainement devenu plus facile, mais moins excitant.

We are poliarnikis !

Bapteme poliarnikis et premiers relevés

 

Le reste de la journée se déroule sans encombre, jusqu’à la cérémonie de passage du cercle polaire. Nous sommes réunis sur le pont arrière aux alentours de 20h lorsque deux membres de l’équipe sortent, déguisés avec les moyens du bord. Nous jurons de respecter les règles du Professeur Molchanov et l’autorité de son capitaine, la beauté et l’environnement de la région arctique puis buvons à tour de rôle une gorgée d’eau salée. Voilà, nous sommes baptisés poliarnikis !

Lorsque nous allons nous coucher cette nuit là, le soleil est encore suspendu haut au dessus de l’océan. Nous apprenons le lendemain qu’il n’a jamais disparu sous la ligne d’horizon durant la nuit. Et pour cause, puisque nous avons dépassé le 70ème parallèle, le soleil ne se couchera plus jamais avant que nous ne soyons de retour à Arkhangelsk. Ceux qui ont vu la descente aux enfers d’Al Pacino dans Insomnia comprendrons à quel point cela peut-être perturbant. Espérons qu’aucun d’entre nous ne tombe ainsi dans la folie !

Fin de la troisième journée. Journée suivante.

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