Jour 6 : Quand l’Arctique se réveille

Par Cristina.

[English Version Below]

Après une longue nuit pour le capitaine Sergey Viktorovich et son équipage, le navire polaire Professeur Molchanov perce à travers une accumulation de glace et adapte son trajet initial pour éviter les icebergs. Nous sommes en eaux libres dans la mer de Barents.

La journée, nous profitons du ciel bleu et de quelques rayons de soleil. Nous en profitons pour naviguer une nouvelle fois à travers la glace dans l’après-midi. Nous croisons le chemin d’un phoque qui se reposait sur son bout de glace. Mais alors que nous essayons d’atteindre nos appareils photos, ce dernier se laisse glisser dans l’eau.

 

 

Une famille d’otaries passe à côté de nous en jouant dans l’eau. Des sternes s’amusent ici et là en tapant l’eau de leurs ailes avant de s’envoler. Afin de pouvoir observer la faune arctique, il faut toujours garder un œil attentif sur la mer. Les animaux nous repèrent de loin et se fondent dans cet environnement qui est le leur pour ne pas être repérés. C’est souvent troublant: on pense voir une otarie, mais il s’agit simplement d’un trou dans la glace. La vie est peut-être bien présente en Arctique, mais elle sait rester cachée.

 

 

Deux d’entre nous sont de corvée patate. Chaque jour, deux participants de l’expédition sont désignés par le Kitchen Duty Committee pour aider à la préparation des repas. Avec Ksenia, nous devons peler un seau d’oignons, soit environ 10kg. C’est parti pour une longue et larmoyante discussion !

 

 

Sur le pont de contrôle, la tension monte en fin de soirée. La glace devient de plus en plus dense et épaisse. Le capitaine, grognon et armé de ses vieilles jumelles, lance des ordres à son équipage. Le marin à la barre est absorbé par la difficulté de la tâche: son visage est presque violet sous l’effort fourni. Sur les satellites radar, on peut apercevoir l’épaisseur des plaques de glace recouvrant la mer. Le navire tangue et tremble sans arrêt, des secousses se font sentir chaque fois qu’il transperce un bloc de glace. Cette dernière se craquèle et crée de magnifiques motifs, tout en nuances de bleu. “Ça va être une longue nuit” peut-on entendre Sergey Viktorovich annoncer…

 

 

After a long night for Captain Sergey Viktorovich and his crew, the polarship Professor Molchanov pierces through the ice and adapts its initial course to avoid icebergs. We are on open water in the Barents Sea.

During the day, we enjoy the blue sky and a few sunbeams. We take this opportunity to once again sail through ice in the afternoon. We cross the path of a seal that was resting on its end of ice. But as we reach for our cameras, it slides back in the water. A family of sea lions passes us by while playing in the water. Terns have fun here and there by tapping the water of their wings before flying off. In order to be able to observe the Arctic fauna, one must always keep a close eye on the sea. The animals spot us from a distance and blend in with this environment that is theirs not to be spotted. It’s often troubling: you may think that you are watching a sea lion, but it is truly a hole in the ice. Life may be present in the Arctic, but it sure knows how to remain hidden.

Two of us have potato duty. Every day, two expedition participants are appointed by the Kitchen Duty Committee to help out with meal preparation. With Ksenia, we have to peel a bucket of onions, which is about 10kg. Here we go for a long and tearful conversation !

At the end of the evening, tension rises on the control bridge. The ice becomes denser and thicker as we sail along. Our captain, grumpy and equipped with his old binoculars, issues orders to his crew. A sailor is absorbed by the difficulty of the task: his face turns purple under the effort required at the vessel’s helm. On radar satellites, we can get a glimpse of the thickness of the ice covering the sea. The ship is now constantly pitching, rolling, and shaking. Tremors can be felt every time we pierce through a block of ice. Beneath us, the ice crackles and creates beautiful patterns, revealing hypnotising shades of blue. “It’s going to be another long night” can you hear Sergey Viktorovich say…

 

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