Proue bateau brouillard

Jour 7: Menu du jour : Mur de glace sur son lit de brouillard

RAS. À notre réveil, un brouillard épais entoure le bateau. Nous avons l’impression d’être à l’arrêt au centre d’une petite cuvette complètement circulaire. Sur le pont, l’air éthéré de la pleine mer traverse les gants et les bonnets, tandis que le vent nous cingle le visage. Ce n’est pas une journée à trainasser dehors et nous rentrons rapidement.

Lorsque nous ressortons quelques heures plus tard, le Professeur Molchanov est à l’arrêt. Face à nous se dresse un véritable mur de glace. Haut de 300 mètres, il déchire le brouillard et se dresse, infranchissable, à quelques centaines de mètres de notre proue. Il est difficile de décrire l’ambiance qui nous enveloppe. Tout le paysage alentour est d’un bleu acier. L’eau, le ciel et le mur de glace se déclinent en multitudes de bleus, qui semblent ne former qu’une seule entité. Les cirés de couleurs de détachent comme des explosions de peinture sur cette toile de fond monochrome. Nous restons ainsi un long moment à observer cette masse d’eau gelée, qui semble relier le ciel et la mer. A plusieurs reprises revient une comparaison avec Le Mur de la série Game of Thrones qui me semble être une bonne façon de vous transmettre notre ressenti.

Un brouillard qui oblige à ralentir. 

A l’intérieur, la vie a brusquement ralenti. Plus d’aller et retour vers l’extérieur pour observer le paysage, plus d’entrée et sortie de scientifiques effectuant leurs prélèvements. Il n’y a pas de station prévue dans la journée et tout le monde est cantonné dans les cabines ou dans la salle de vie commune.

Preuve de la monotonie de la journée et du processus d’hibernation en cours, même notre chef d’expédition se joint au jass journalier. Descendu des ors de sa cabine au 5ème étage, il en profite pour donner une leçon aux étudiants.

Le soir venu, nous nous réunissons à plusieurs dans une cabine. Un seul objectif clairement assumé : « bon allez, on est aussi là pour créer des liens ! ». La proximité et la fatigue ambiante nous facilitent la tâche. Les langues se délient. On parle de la vie à bord, on se confie. Jusqu’à ce que vers 2h du matin les plus raisonnables d’entre nous se décident à retrouver leur lit. C’est vrai que demain matin les échantillonnages reprennent leur cours.

Fin de la septième journée.

 

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