Jour 9 : Nous posons le pied sur l’ile d’Alger

Un peu d’excitation parcourt à nouveau le bateau aujourd’hui. Depuis ce matin nous sommes mouillés en face de l’île d’Alger et tous les membres de l’expédition pourront sans doute débarquer. Comme d’habitude, nous serons à l’écoute de toutes les annonces radios qui seront diffusées dans le haut parleur du navire. C’est grâce à elle que nous connaîtrons l’heure de départ de notre groupe ou au contraire, si le mauvais temps ou la présence d’un ours nous empêchera de poser pied à terre.

Nous avons ensuite le droit à une leçon d’histoire sur Sedov, chef d’une expédition partie d’Arkhangelsk au début du XXème siècle en direction du Pôle Nord. Son trajet est assez similaire à celui que nous avons effectué depuis Arkhangelsk. Il a connu des hivernages en Nouvelle-Zemble puis dans différentes îles des terres François-Joseph. Durant plusieurs années, il survivra de la chasse dans des abris de fortune. Il tentera dans un dernier effort de rejoindre le pôle Nord en traîneau. Très affaibli physiquement, il connaîtra une fin tragique proche de l’ile Rudolf, à l’extrême nord de l’archipel. Espérons que ce ne soit pas notre cas…

Après cette lecture somme toute intéressante sur un personnage haut en couleur, nous nous préparons à partir. Il s’agit d’enfiler bottes et vêtements imperméables, car l’approche en zodiac peut se révéler pour le moins humide. C’est donc couvert de la tête au pied que nous nous rendons sur le pont arrière. Pour beaucoup d’entre nous, c’est la première fois que nous poserons pied à terre depuis 9 jours.

Comme toujours, les gardes sont les premiers à quitter le bateau, afin de s’assurer que le périmètre n’est pas actuellement le terrain de chasse d’un plantigrade aux poils blancs. Suivent ensuite les géologues, qui passerons plusieurs heures à terre. Ils ne sont qu’une petite poignée mais tout leur équipement prend de la place et il nous faudra attendre le retour du bateau avant de pouvoir partir à notre tour.

Alger Island pied à terre

Alger Island nous voilà !

C’est avec beaucoup d’excitation que nous descendons l’échelle de corde pour descendre dans le zodiac. L’air est glacé, nous sommes entourés d’eau opaque et accompagnés de gardes armés de fusils. Un frisson d’aventure s’empare de chacun alors que nous nous dirigeons vers la terre.

Lorsque que nous posons le pied sur le rivage, le spectacle qui nous attend est d’une grande beauté mais aussi celui d’une grande désolation. Deux petits sommets couverts de neige nous dominent à quelques kilomètres en amont. La terre est par endroit recouverte de glace, qui ruissèle sous les rayons du soleil. Le sol n’est que sable, terre et cailloux. Parfois, on peut distinguer quelques touffes de lichen qui s’accrochent tant bien que mal à cette terre balayée par le vent.

Le vestige d’une cabane d’explorateur et un triangle fait de trois morceaux de bois croisés, probable signal de navigation, sont les seules attractions que présente l’ile. Pourtant, les plus motivés d’entre nous passerons 3h30 à parcourir l’ile dans sa largeur, tant il est bon de sentir à nouveau la terre ferme sous ses pieds.

C’est avec cette sensation si agréable qui couronne une journée en plein air que nous allons nous coucher.

Fin de la neuvième journée

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