Jour 9 : où l’on se bat pour rester debout

Par Anouk.

A notre arrivée sur le bateau, Margaux et moi (Anouk) avons opté pour une séance de bania pour réchauffer nos os endormis par cette nuit à l’extérieur. Au petit déjeuner, nous réalisons que la soirée d’hier a été très différente pour chacun : certains sont allés se coucher directement au retour de leur débarquement, d’autres ont commencé des mesures à minuit, alors que les plus motivés ont transformé la salle commune en dancefloor suisso-russe. Pour nous remettre de notre petite nuit, nous avons une journée libre de cours. Un repos bienvenu, d’autant plus que la mer s’agite, mouvement que nos estomacs imitent immédiatement.

Toute la journée se déroule calmement, avec une grande partie de l’équipe clouée au lit, par un cocktail corsé de mal de mer et de fatigue. A chaque déplacement, nous rebondissons contre les murs du navire. Plusieurs comparaisons nous viennent en tête : entre la démarche de Jack Sparrow ou un fêtard au plus profond de l’ivresse, notre cœur balance. Pour lutter contre ce mal, un petit comité se risque sur le pont du bateau. Accrochés au bastingage, nous vivons cette expérience comme un grand-huit. L’avant du bateau se soulève avec la houle, puis retombe avec fracas et éclaboussures. Contrairement à l’intérieur, le cœur suit les mouvements du bateau sans remuer l’estomac. Le vent frappe nos visages rougis, et nous lui répondons par des cris de joie à chaque basculement de la proue. Une fois habitués à ce roulement, des concours d’équilibre s’improvisent, que je tente d’immortaliser en photo en grimpant péniblement jusqu’au pont supérieur. C’est finalement le froid qui gagnera le concours, en nous obligeant à réchauffer nos doigts congelés à l’intérieur.

Au souper, ceux qui ont mal vécu le mal de mer sortent brièvement de leur cabine. Alors que beaucoup s’accordent pour dire que rester coucher est le meilleur remède, les survivants regardent un film sur les Pôles. Dehors, un transect commence pour Marco, Gauvain et Nicolas, qui ont certainement vendu leurs âmes à Neptune pour avoir assez d’énergie pour faire avaler leur CTD aux vagues.
La soirée se clôt sur une réunion générale sur le pont, pour admirer l’entrée du bateau dans une baie bordée de montagnes. Au fond de celle-ci se dessine un impressionnant glacier, dont sont issues des particules de glace flottante : nos premiers icebergs ! Pas de doute, nous sommes vraiment en Arctique. Reste maintenant à voir si nous arrivons à atteindre la mer de Kara. Située de l’autre côté de l’archipel de la Nouvelle-Zemble, elle est bien plus froide que la mer de Barents, et également moins salée. Là où les eaux de l’Atlantique affluent dans la mer de Barents, l’eau douce des fleuves se déverse dans la mer de Kara. La navigation de cette dernière est également plus compliquée, ce qui laisse le suspense complet… Arrivera ou arrivera pas en mer de Kara ?

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