La troisième semaine (31.07-06.08)

Du côté du travail, plusieurs autres projets de terrain ont eu lieu durant cette semaine, en plus bien sûr de l’habituel travail de recherche et analyse des données. Un de ceux-ci a été de faire un transect de l’épaisseur de la couche active, celle qui dégèle durant l’été. Le principe est simple : il suffit de planter un pieu en métal à travers le sol jusqu’à atteindre le pergélisol, et d’en mesurer la profondeur : un vrai travail à la chaîne, avec plus de 800 plantés. Vous pouvez remarquer sur les résultats que la profondeur peut varier de 16cm à plus de 1m, ce qui peut rendre le planté particulièrement difficile.

Les maîtres d'oeuvre au travail

Profondeur du permafrost selon le transect

Un autre projet a été de caractériser la capacité d’infiltration du sol en observant la baisse de niveau d’eau dans un cylindre en inox planté dans le sol. Un travail à la hauteur de notre cher ami « José-Bové ». Mais le plus ambitieux de nos projets pour cette semaine a probablement été notre marathon-CO2 : Jusqu’à maintenant, la chambre qui abrite la sonde à CO2, ou dioxyde de carbone, a été posée sur le sol pour une longue durée. Néanmoins, pour une appréciation plus exacte des émissions et absorptions du sol et des plantes, il faut poser la chambre sur le sol pour temps bien plus bref, afin de ne pas le perturber. Ceci nous a donc menés à prendre des mesures pendant une journée entière, du 4 août à 5h du matin au 5 août à 4h, ceci toutes les heures et pour une durée de 30 minutes. L’occasion aussi pour Léa et Dimitri, qui s’y sont collés, de voir le soleil faire un tour complet dans le ciel.

La chambre à CO2

Laura observant du zooplancton au microscope

Le travail nous prend nos journées, mais nos soirées sont plus libres et nous donnent tout de même l’occasion de profiter de nos vacances. Le 1er août, pour fêter notre bon vieux pacte du Grütli, un grand feu sur la plage, accompagné de savoureux morceaux de gruyères fondus sur les braises nous a permis de nous sentir, pour quelques instants, proches de notre patrie. Le 1er août a aussi marqué l’arrivée d’un nouveau groupe de scientifiques autant russes qu’allemands, qui se sont joints à nous sur la plage pour des premiers moments de partage. Avec eux sont arrivés moult matériel scientifique et autres victuailles, que nous avons dû décharger sous la pluie à la force de nos bras. Les autres soirs, en plus des habituelles banias du mercredi et samedi, nous avons pu suivre un cours de notre accompagnante Ksenia sur la recherche scientifique russe, ou alors profiter de longues discussions philosophiques réunis dans la confortable chambre des filles, en écoutant de la musique, mangeant du chocolat ou sirotant un petit verre de whiskey.

Nuages sur la station de Samoylov

Le dimanche, jour de congé! Nous partons pour la première fois tous ensembles en excursion pour l’île de Stolb. Petite ascension jusqu’au sommet de cette petite île-montagne, la seule dans les alentours. Cela nous a permis de garder nos cuisses en forme pour notre prochain retour en Suisse, et surtout pour admirer la vue époustouflante du delta. Après notre retour à la station, nous présentons l’avancée de notre travail aux autres scientifiques, et en apprenons plus sur leurs propres projets. Cette dynamique d’échange nous permet à tous de progresser et suscite notre plus grand intérêt. De quoi nous donner du grain à moudre pour notre dernière semaine qui arrive.

 

 

 

 

L'île de Stolb

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